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     Comprenant ce que pouvait ressentir ma sœur, je décidais de m'occuper de ses tâches. Je jardinerais aujourd'hui et aussi longtemps se sentira-t-elle mal. Je ne veux plus me mentir. Des gens ayant fait des études mettent des dizaines d'années, pour concevoir un remède en ayant un certain budget, la capacité de rechercher et de tester. 

    Toute seule sur ce bateau, il n'y a aucune chance pour que je trouve un remède. Ma sœur ne restera pas en vie très longtemps, c'est le moment ou jamais de bâtir des souvenirs avec elle, de la photographier, de la câliner tant que je le peux encore. Demain, ce sera peut être trop tard. 

    Je veux garder une image positive d'elle, la chérire. 

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    Pendant ce temps, Azurie semblait continuer de s'épanouir dans la peinture. Elle avait commencé du jour au lendemain mais cela semblait bien marcher pour elle, je ne pouvais que l'encourager à continuer dans cette voie. C'est donc en sous vêtements qu'elle commençait le matin alors que je m'occupais du jardin. 

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     Son dessin fini, elle observa la mer un moment, réfléchissant sûrement à sa situation ou espérant appercevoir du haut du gouvernail une île se dessiner, le moindre espoir revenir. 

    Mais bien sûr, ça n'arriva pas et, déçue, elle descendit se baigner un moment dans la mer.  

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    Du jardin, je la voyais tristement faire des ronds derrière le bateau. 

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    Sans hésiter, ma tâche juste accomplie, je décidais de la rejoindre dans l'eau.

    Au début, c'était le silence, nous n'osions nous regarder. C'était la première fois que je nageais depuis notre arrivée sur le bateau. J'étais quelque peu effrayée, je n'étais pas une grande nageuse et avait toujours une certaine peur de l'eau. Mais si c'était pour rejoindre ma sœur, j'aurais nager des chutes à contre courant juste pour lui demander comme elle allait. El c'est d'ailleurs ce que je fis: 

    - Comment vas tu, Azurie? Tu tiens le coup? 

    Elle releva la tête et, a moment où nos regards se croisèrent, le monde sembla se transformer.

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     *clic* 

    Le bruit d'un appareil prenant une photo se fait entendre. Je découvre un homme et une femme proche d'une barrière. Ils sont à une certaine distance l'un de l'autre, l'homme porte une tenue très banale alors que la femme porte des vêtements très originaux.

    En arrière plan, une femme se baigne. Il semble qu'elle soit loin de tout mais peut être y a-t-il une plage à un angle mort.  

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    Nous ne tardions pas à sortir de l'eau, Azurie semble pâle. Nous nous posons sur les transat et elle me raconte ce qu'elle a vu. Nous avons donc eu la même vison à ce moment là. 

    Elle me demande, presque paniquée: 

    - Pourquoi avons nous eu cette vision? 

    - Un homme qui prend une photo souvenir d'une femme aléatoire se baignant à 500 mètre de la rive... 

    Elle me coupa fermement: 

    - J'ai pas l'impression qu'ils étaient sur la rive. Et je n'ai pas l'impression non plus qu'il y ait eu une plage à proximité. 

    En effet, il y avait quelque chose de très louche avec cette vision. J'acquissais, ne trouvant rien à redire sur son jugement. Il n'était de toute façon pas temps pour se débattre avec elle d'une stupide vision qui, pour tout ce que j'en sais, pourrait juste être une hallucination collective causée par un truc dans l'eau. 

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    Nous finîmes la soirée en jouant à deux aux dominos. 

    Je laissa Azurie gagner mais non sans lui donner l'illusion de me battre. Je veux que ses derniers jours soient les meilleurs de sa vie. Notre anniversaire arrive à grand pas. 

    « 15. 17. »

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